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Blog

June 11

Changement d'adresse


Nouvelle adresse et nouveau blog

http://ottlnpac.canalblog.com/

Vietnam 2007
Bangkok et Hua Hin 2007
June 04

Souvenirs

Ce voyage, je ne le raconterai pas sur mon blog, je vais en faire mon premier roman.
Je vous livre donc les photos, par catégorie et endroits, mais pour le reste, il faudra attendre, peut-être longtemps.

Il m'est difficile de parler de cette expérience, elle s'est avérée tellement riche en émotions et en changements de toutes sortes.  Je ne peux pas vous parler de la Thailande tout de suite, je suis incapable d'exprimer les sentiments que j'ai éprouvés pour elle pendant les dix premiers jours de mon voyage tant ceux que je ressens pour le Vietnam, et surtout pour la ville de Hué où j'ai passé mes derniers jours, sont forts et prennent toute la place. 


Mon coeur, le Vietnam me l'a pris au moment où je m'y attendais le moins...  


Afin de ne pas vous léser, je vous parlerai donc de la Thailande en images dans un premier temps et vous la raconterai plus tard...

May 12

Le jour J

Départ moins quelques heures...

Voilà, la valise est bouclée, j'ai trouvé de la place pour tout et pourtant elle est la moitié de celle de l'an dernier. 

Le fils va profiter de mon absence pour faire l'expérience de la "débrouille" et j'espère que cela lui mettra du plomb dans la cervelle

La messagerie pleine d'adresses et de bons plans, la possibilité de me connecter et de prendre contact et aide ou conseils auprès des voyageurs de VF et de faire un coucou à Pacha sans qui je n'aurais jamais eu l'idée de faire tout cela, me voici donc parée pour une nouvelle découverte de l'Asie qui m'attire tant.

Portez-vous bien, soyez sages et si vous ne l'êtes pas, soyez prudents !




May 10

Asie, me voici de retour...

48 heures avant le départ !

Cette fois, ça y est, nouveau départ, nouvelles préparations, nouveau voyage en Asie.
Après toutes les difficultés rencontrées ces derniers mois, c'est un peu le stress, rien n'est prêt, j'ai un tas d'infos éparpillées un peu partout sur mon ordi, j'ai toujours VF, évidemment que je peux contacter de n'importe où dans le monde et une chaîne de copains/copines virtuels prêts à me renseigner et m'aider.

Vu que la santé n'est pas au beau fixe et que je n'ai vraiment pas eu la tête à mon voyage, je vais une fois de plus devoir jouer les aventurières et me débrouiller au jour le jour.

Voici donc le "gros" des prévisions de voyage :

Samedi 12 mai, je prends l'avion vers Zurich, puis Bangkok
http://www.swiss.com/web/FR/NS6/index.htm

Dimanche 13 mai, arrivée à BKK vers 14.30 h (heure locale) et direction l'Hôtel Atlanta sur Sukhumvit.
http://www.theatlantahotel.bizland.com/

Si je me sens d'humeur et pas trop fatiguée, je prendrai le skytrain pour la première fois
http://www.thaifocus.com/bangkok/skytrain.htm

sinon, je bataillerai ferme avec le taxi pour qu'il enclenche son meter

Dimanche soir ou lundi matin, contacter Pierre (mon fils adoptif de VF) pour prévoir un rendez-vous et manger un bout ensemble (s'il vient en robe, c'est moi qui paie l'addition )

Selon le temps et ce que je ressens à BKK , je resterai sur place jusqu'au 17 mai et de là, en route pour Hanoi !   http://photos.linternaute.com/paysville/44043/hanoi/

Une fois au Vietnam, je compte rester deux ou trois jours à Hanoi, dans le Vieux Quartier qui me donne plein d'envies
http://www.hanoi2010.org/fr/pagesEditos.asp?IDPAGE=20&sX_Menu_selectedID=m1_8D9EE853

http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?CATEGORY_ID=16&NEWSPAPER_ID=&TOPIC_ID=50&REPLY_ID=40509

pour visiter des contacts et prendre la température de l'endroit en vue d'une prochaine installation, ensuite, direction la Baie d'Along    http://www.alovelyworld.com/webvn/htmfr/halong.htm

pour deux jours, puis le Sud.

Openticket de bus,
http://www.guidevietnam.com/travel/transportation/bus.html

c'est le moyen le moins cher pour voyager, le train est prévu pour les longs déplacements.

Direction Ninh Binh, la Baie d'Along terrestre ,
http://www.terragalleria.com/vietnam/vietnam.ninh-binh.html

puis Nha Trang
http://www.terragalleria.com/vietnam/vietnam.nha-trang.html

et Dam Mon où je compte passer une petite semaine tranquille loin de tout (plage, lecture, repos, bronzette, rencontres des locaux et reprendre des forces - vous comprendrez aisément pourquoi je ne mets pas de lien, je ne veux pas qu'on me trouve )

Selon le temps qu'il me restera, je pousserai une pointe jusqu'à Ho Chi Minh ou je remonte vers Hanoi pour reprendre l'avion vers BKK et Bruxelles.

Et au final, je n'aurai pas le temps de faire la moitié de ce que je voudrais...

Décidément, on ne me changera plus ...


April 28

Amant-ami


Amant a mal
Amant ? Ami ?
Ami mis à mal ?
Amant mis ami

L'amant qui a mal le transforme en ami
L'amante, en amie
et l'amante-amie a mal pour l'ami

Album photo : Pour Marc qui comprendra



April 23

Sans commentaires !

Parfois certains poids sont trop lourds à porter...


Un peu d'humour et le tour est joué !

April 08

RAGE - REBELLION

RAGE

RAGE un mot que je croyais avoir oublié
RAGE un sentiment qui refait surface
RAGE d'avoir mal
RAGE de ne pas pouvoir
RAGE de vous avoir trop écoutés
RAGE de vous avoir trop donné
RAGE de n'être pas comprise
RAGE d'avoir trop souvent échoué
RAGE d'être "la forte, la solide, celle à qui ont peut tout dire et tout faire"
RAGE de vos manquements
RAGE de vos peurs
RAGE des miennes
RAGE de ces principes débiles que vous avez toujours voulu m'nculquer
RAGE des barrières que je n'arrive pas à renverser
RAGE de la cage dans laquelle vous m'avez enfermée
RAGE de m'être laissé berner
RAGE de cette police à qui j'ai tant donné
RAGE d'avoir encore une fois espéré
RAGE, envie de shooter dans tout ce qui passe à ma portée...


REBELLION

REBELLION contre votre système à la con
REBELLION contre la famille
REBELLION contre la police
REBELLION contre mon fils qui s'en fout
REBELLION contre l'homme qui m'a violée
REBELLION contre celui qui m'a frappée
REBELLION contre celui qui a abandonné son fils unique
REBELLION contre tous ceux et celles qui ont profité de moi
REBELLION contre mon orgueil qui m'empêche d'avouer que j'ai mal
REBELLION contre mon respect qui m'interdit de vous dire MERDE
REBELLION contre cette vie qui m'oppresse
REBELLION contre Pacha qui devient de plus en plus négatif

REBELLION REBELLION REBELLION REBELLION REBELLION REBELLION

Cette fois c'en est assez,
j'ai reçu ma dernière claque,
je n'en accepterai plus d'autre.

Que tous ceux et celles qui se préparent
à abuser de mon temps,
de ma patience, de ma gentillesse
y réfléchissent à deux fois


à partir de ce jour,

JE RENDRAI COUP POUR COUP

Je fais le serment

DE NE PLUS JAMAIS TENDRE L'AUTRE JOUE

D'ENVOYER BALADER LE PREMIER QUI VOUDRA M'UTILISER

DE REJETER vos "MAIS", vos "IL FAUT", vos "TU DEVRAIS"

DE NE PLUS ECOUTER VOS MISES EN GARDE

DE NE PLUS ACCEPTER VOS CRAINTES ET LES FAIRE MIENNES

Je vous ai tout donné, je ne reprendrai rien,
je remets les compteurs à zéro,
mais à partir de ce jour,
faites gaffe à vos arrières,
je ne serai plus là pour les protéger.

JE NE PRENDRAI PLUS VOS PEURS SUR MON DOS


March 30

Un nouveau départ ?


Mars aura été pour moi le mois des déceptions et des remises en question.



Un fils qui me renie : "Tu n'es plus ma mère !" ;
Un amour naissant qui s'avère n'être pas le rocher que j'attendais ;
Un pays qui n'offre pas les possibilités nécessaires à l'expatriation tant désirée...

Et me voilà à nouveau repartie vers d'autres découvertes, toujours avec cette idée profondément ancrée en moi depuis trente ans de partir enfin vers des cieux plus cléments, vers le soleil permanent, vers la chaleur et la vie simple et tranquille.

La Thailande est trop difficile à atteindre ? Qu'importe, j'essaierai le Vietnam, le Cambodge, les Philippines, la Malaisie, ou d'autres encore jusqu'à ce que je trouve mon port d'attache, tout ce que je veux, c'est qu'il soit sous les Tropiques. Je suis un bateau qui n'a pas assez navigué, je suis restée trop longtemps bloquée dans un port qui n'est pas le mien et il est temps de larguer les amarres.

Trente ans que je renonce à mes rêves, mes projets, mes désirs profonds pour "faire plaisir", "ne pas blesser", "faire mon devoir", ...

Je ne dirai pas "trente ans de perdus", car j'en ai fait des choses sur ces trente années, je me suis forgé un caractère de plus en plus fort, j'ai appris la résistance, la rébellion, la compassion, la solitude : j'ai appris à être moi-même et j'ai consolidé mes certitudes. Impermanence des choses, vanité de l'existence !

Née en Belgique, Europe, sur un continent en perpétuel mouvement vers le capitalisme à outrance, je ne suis pas à ma place dans cet univers. Mon coeur et mes sentiments m'ont toujours poussée vers l'ouverture aux autres, je préfère de loin ETRE plutôt qu'AVOIR. Cela n'est pas bon sous nos climats. Il faut posséder, il faut avoir une situation "convenable", il faut se plier aux règles établies par des hommes d'un lointain passé qui n'avaient que ces mots à la bouche : POUVOIR - ARGENT

Moi, le pouvoir, je m'en moque ! L'avoir, je n'en ai cure ! Je préfère l'ETRE et le FAIRE. J'ai donc décidé, après avoir essayé tant bien que mal de suivre les règles établies par les autres, de suivre les miennes et d'abandonner toutes ces casseroles que je traîne derrière moi depuis trop longtemps. Gardez tout, je ne veux emporter que quelques petits souvenirs (photos, lettres, petits objets qui tiennent dans un sac à main, ...), le reste, prenez-le, vendez-le ou déposez-le dans votre vitrine ou votre salon en souvenir de moi, peu m'importe, je n'y tiens de toute façon pas. Les objets n'ont pas d'âme et je n'aime être entourée que de personnes, d'animaux ou de plantes, que de choses vivantes, qui respirent et qui ressentent.



Mon fils, tu vivras ta vie à ta façon. J'ai essayé de te donner les outils les plus appropriés à la survie sur cette planète malade, fais-en ce que bon te semble, après tout, c'est TA VIE. Ne fais surtout pas comme moi, ne renonce pas à tes rêves et à tes désirs pour les autres, cela n'en vaut pas la peine. Je ne peux que te souhaiter de réussir ton chemin, quel qu'il soit, surtout de la manière dont tu l'as choisi, toi. Je t'ai inculqué le respect de la vie, des êtres et des règles, je ne te demande qu'une seule chose, c'est de garder ces principes vivants en toi. N'oublie jamais que je t'aime plus que tout au monde, même si je refuse désormais de te porter afin de t'obliger à prendre enfin ton envol.

Mes parents, il ne me reste que vous deux, vous êtes à l'aube d'un demi-siècle de vie commune. Le moment n'est pas aux reproches, d'ailleurs à quoi bon... Je veux simplement que vous sachiez que j'ai renoncé à beaucoup trop de choses par amour filial et qu'il est temps maintenant que vous acceptiez que je suis et serai toujours différente. J'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas vous décevoir, j'y suis parfois arrivée, j'ai aussi parfois échoué lamentablement. Quoi qu'il en soit, je vous aime et je vous remercie de m'avoir mise au monde.

Papa,
tu es le premier "responsable" de cette force de caractère que je cultive depuis toujours. Comme il me plaît souvent à le répéter, tu m'as élevée "à coups de pieds au cul moraux" et je t'en remercie. La phrase qui me restera de toi est la suivante : "On ne dit pas je ne sais pas, on dit je vais essayer"... Alors j'essaie, encore et encore !

Maman,
tu m'as faite, portée, nourrie, soignée, écoutée ; nous sommes fondamentalement différentes et rien ni personne n'y changera quoi que ce soit. Cela peut paraître insolite et pourtant, à chaque fois que je pense à toi, c'est la même image qui me revient: : rue Haute-Wez, au 117, toi et moi couchées sur le lit, ma tête sur ton ventre
après le repas du soir, pour écouter les gargouillis de ta digestion. La petite fille qui retourne dans son premier environnement !

Pacha, je crois que le moment est venu de prendre des chemins différents. Je me suis fait une image de toi qui n'est pas la réalité. Je t'espérais fort, solide et aventureux, je te découvre fragile et rêveur. Je cherchais un partenaire, j'ai trouvé une oreille attentive. Je rêvais de créer ensemble un projet solide et constructif, je m'aperçois que c'est loin d'être ton désir. Je n'ai plus envie de rester là à attendre un vent favorable. Je reprends ma vie en solitaire et je passe à la vitesse supérieure. Je n'ai que trop attendu pour vivre vraiment, je n'ai plus l'intention d'attendre encore. De mon amour, tu deviendras peut-être mon ami lointain, resté dans ce petit pays que tu détestes, mais que tu ne quitteras probablement jamais. Je te souhaite tout le bonheur du monde, mais je crois que ton chemin est encore bien long pour y parvenir. Quoi qu'il en soit, je t'aime et cela ne changera pas.






February 20

Holy Lola - Un film, deux cultures

HOLY LOLA

Un film réalisé par Bertrand Tavernier avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin et Bruno Putzulu.

A regarder, à méditér...

http://www.tfmdistribution.fr/holylola/  

(sorry le lien ne veut pas s'installer, faire un copier-coller dans la barre de navigation)

J'avais dans l'idée d'écrire un résumé et des sensations par rapport à ce film, mais à la lecture du lien ci-dessus, je n'ai pas grand'chose à ajouter.

Ma déception : le réalisateur montre un peu trop le côté européen des sentiments et pas suffisamment le ressenti asiatique.  Mais il faut lui reconnaître que le thème du film est l'adoption et non pas le Cambodge. 

J'ai plus d'une fois souri en regardant certaines scènes (le policier qui arrête le farang pour lui soutirer une amende, le directeur parti trois jours - et oui, c'est comme ça, faut faire avec... -, les "dons" attendus, ...);

j'ai ressenti beaucoup de tristesse en regardant les orphelins de plus de trois-quatre ans qui doivent se contenter de regarder passer les couples qui cherchent UNIQUEMENT UN BEBE et savent qu'ils n'ont pratiquement aucune chance d'être adoptés;

j'ai reconnu mon amie Ooy et bien d'autres en entendant cette Cambodgienne dire "ici, c'est un pays où tout le monde sourit, mais où tout le monde souffre terriblement";

je me suis sentie agacée à la fin du film lorque l'héroïne, heureuse d'avoir enfin eu SON bébé, redevient l'Européenne stressée et angoissée qu'elle sera probablement toujours et délaisse le Buddha qui lui a été offert ...par "manque de place dans sa valise".

Un film à voir ou à revoir...
February 04

Un peu de Thailande en Belgique - Visite au wat Thai Dhammaram

Wat Thai Dhammaram a.s.b.l.
Chaussee de Louvain 71
Waterloo 1410
Phone: 02 385 28 55

Vendredi après-midi, je me décide. Un coup de fil au Wat et rendez-vous est pris pour le lendemain à 10 h 30.  Le moine qui m'a répondu ne parle pas encore le français, mais il a une voix douce et sympathique.

Ce samedi, je prends donc la route pour Waterloo, ce n'est pas très loin de chez moi et je suis curieuse de voir ce qui m'attend. Le chemin est facile à trouver et le wat reconnaissable de la route, des drapeaux thais (national et celui créé pour l'anniversaire du Roi) ainsi qu'un drapeau belge flottent à l'entrée.

Au rez-de-chaussée, une salle de réunion vide et une porte que je n'ose pas franchir. Je monte les escaliers extérieurs qui mènent à la porte d'entrée de la maison : le wat est établi dans une villa quatre façades tout à fait normale. Je sonne et le moine vient m'ouvrir.
- You are Patricia ? me demande-t-il.
- Yes, we have an appointment.
- Sawasdee khrap ! You are welcome.

J'entre dans le hall et ôte mes chaussures. Il m'introduit dans le living où trône une table ronde toute simple, m'invite à m'asseoir et m'offre un thé. La grande pièce communicante est décorée d'une très belle et très grande statue du Buddha, ainsi que de plus petites. Un portrait du roi couvre toute la hauteur du pan de mur qui me fait face, de nombreuses décorations thaies sont disposées un peu partout. Au milieu, un tapis plain épais, pas de meubles. Je n'ai pas la curiosité d'aller jusque dans cette pièce et comme le moine ne m'y invite pas, je préfère rester dans la première salle.

Il me demande d'où je viens, comment j'ai eu connaissance de l'association et combien de fois je suis allée en Thailande. Après cela, nous discutons de ma vie, de la raison de sa présence en Belgique, de ce qu'il fait dans le quartier et dans l'association, de la communauté. Il me tend un paquet de cartes postales illustrées et me dit d'en choisir trois, que c'est un cadeau. Plus tard, au cours de la discussion, il m'offira un bracelet en perles de bois et un porte-clé représentant une pagode. Je suis un peu gênée de tous ces cadeaux, mais le remercie chaleureusement. Il m'explique que c'est normal, qu'il offre ce qu'il a aux visiteurs.



Une famille arrive,
le père, la mère, la grand-mère, les trois garçons et une jeune fille. Tous se prosternent à genoux devant le moine en faisant un wai que je n'avais jamais vu : ils joignent les mains à hauteur de la poitrine, du front, puis posent le front sur le sol, ceci trois fois de suite. Le moine me présente l'homme, dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom et m'explique qu'il est le secrétaire de l'association et me sera d'un grand secours pour toutes les questions que je pourrais me poser.

Au bout de quelques instants, les femmes disparaissent et nous discutons de mon projet de roman. L'homme m'explique différents points de vue sur le sujet que je veux traiter et me donne certaines recommandations. Ensuite, les femmes reviennent avec des plats de nourriture qu'elles disposent devant le moine. Avant que celui-ci commence son repas, tous s'asseyent par terre et le père commence un rituel avec de l'eau.
De l'entrée au dessert, tous les plats du repas sont apportés ensemble, comme le veut la coutume en Thailande. Salade, soupe, viande, poisson, légumes, fruits sont disposés autour du convive qui mangera seul en discutant avec nous.

Le repas du moine terminé, les femmes débarrassent la table et je les entends bavarder gaiement à la cuisine. L'homme disparaît à son tour et le moine me propose de descendre également pour partager le repas avec la famille. Je suis un peu mal à l'aise, chez nous, il n'est pas courant d'être ainsi invité à partager le repas lors d'une première visite, mais le moine insiste en me rappelant que c'est la coutume en Thailande. Je me souviens d'ailleurs que là-bas, j'avais trouvé tout à fait normal que des commerçantes me proposent de m'asseoir et de partager leur repas, mais de retour en Belgique, je me sens à nouveau gênée et j'en oublie que je ne suis pas vraiment "en Belgique", mais dans un wat thai qui vit comme là-bas. Refuser son invitation aurait été une offense.



Je descends donc au rez-de chaussée où la famille est installée autour de la table. Directement, l'épouse sort une assiette et des couverts et l'homme va me chercher un siège. Comme à l'étage, les plats sont tous sur la table : boulettes de poisson piquantes et non piquantes, riz complet qui a un aspect brun-mauve (rien à voir avec celui qu'on vend ici dans les boutiques et qui a un goût de chiotte), pousses de soja marinées dans une vinaigrette aux épices thaies délicieuses (moi qui déteste le soja, j'en ai repris), poulet grillé mariné, salade de laitue et tomates (seule concession "européenne") tout ça sans chichis, nous devisons comme si on se connaissait depuis toujours.

A la fin du repas, je propose mon aide à la vaisselle, mais l'homme me dit que ce ne sera pas nécessaire et nous remontons à l'étage. Là, le moine m'offre un bracelet "pour mon fils, pour la chance et sa protection" et trois bouquins : deux en français "Nirvana, le but de la méditation Kammatthana", "Comprendre le bouddhisme en une heure" et un en anglais, "Pure-Land Zen, Letters from Patriarch Yin Kuang". Une fois de plus, je suis un peu embarrassée, mais le moine me répète que c'est la coutume et qu'il n'attend rien en retour, je ne dois pas me tracasser. Il me demande de compléter le livre des visites et me propose un album photo et un paquet de photographies prises lors des réunions, fêtes et célébrations faites au wat. Pendant ce temps, deux jeunes filles sont arrivées et se sont installées pour prier, puis converser dans la salle aux Buddhas.

Comme je suis venue pour avoir des renseignements sur les leçons de langue thaie, il me dit que si j'ai le temps, le professeur arrive vers 14.00 h et qu'elle me donnera tous les renseignements nécessaires; sur ce, il s'excuse et me laisse en m'expliquant qu'il doit aller faire une visite. En attendant, je commence à lire le livre sur le Bouddhisme.



Une jeune fille arrive, dépose son sac et son manteau, puis passe dans la pièce pour prier. Ensuite, elle s'installe près de moi, mais comme je lis, elle ne me demande rien; d'après ce que j'ai pu constater, les gens entrent par la porte du bas qui reste ouverte et viennent prier ou s'asseoir quand ils en ont envie. Au bout d'un moment, j'avise qu'elle a des cahiers d'écriture. Je lui demande si elle est le professeur de thai et nous prenons rendez-vous pour la semaine suivante.

Le moine revenu, il me demande si j'ai reçu les renseignements dont j'avais besoin, m'invite à une célébration le 4 mars au wat en me disant que je pourrai rencontrer de nombreuses familles et part s'installer dans la grande salle pour converser avec une personne arrivée entretemps. Il est temps de prendre congé. Je salue, remercie et quitte cet endroit paisible où j'aurais pu passer la journée entière sans avoir conscience du temps qui passe.

Cet intermède à la vie européenne m'a fait beaucoup de bien, je me sens tout à coup si calme et sereine, le soleil brille et, malgré le froid de l'hiver, j'ai chaud à l'intérieur...

January 31

Phuket - Thailand - 22 - Derniers adieux


24 décembre, dernière journée complète...

Ce matin n'est pas le dernier, mais c'est tout comme.  Demain je reprends l'avion pour la Belgique et j'ai le sentiment de n'avoir pas véuu le centième de ce que j'aurais voulu.  Qu'à cela ne tienne, je sais déjà que je reviendrai l'an prochain et aujourd'hui, ma journée sera consacrée aux au-revoirs. 

Passage chez Paul pour confirmer l'heure du buffet de ce soir : en effet, c'est le réveillon de Noël et comme la quasi totalité de ses clients est européenne, il organise une petite soirée.  Ensuite, dernier passage au cyber-café pour envoyer quelques mails puis direction chez Ooy.  Enfin, c'est ce qui était prévu...  Sur mon chemin, plusieurs commerçants me demandent comment je vais et combien de temps je reste encore.  Quand je leur réponds que je prends l'avion demain, j'ai l'impression qu'ils ont une foule de choses à me dire et les arrêts se font de plus en plus longs.  La plupart des conversations tournent autour du climat en Belgique, des fêtes de fin d'année, de savoir si je me suis amusée, ce que je pense de la Thailande et si je reviendrai.

           

J'atteins enfin la grand'route.  Plus que quelques centaines de mètres et j'arriverai au bar de Ooy.  Celle-ci est occupée à manger une omelette au riz et lardons et tente tant bien que mal de faire avaler des cuillerées à son petit-fils d'environ cinq ans.  Celui-ci, comme tout gamin qui se respecte, ne reste pas en place et n'a pas faim, d'autant que la télévision diffuse un dessin animé bien plus intéressant que le contenu de son assiette.  Décidément, toutes les grands-mères sont pareilles, la discipline, c'est pour les parents !

Nous passons une heure à discuter de tout et de rien, de son ghest house, de mon retour possible à Kata, des photos que finalement ni l'une ni l'autre n'avons eu l'occasion de faire, du Noël en Angleterre où elle a vécu et de toutes sortes de choses qui alimentent une conversation que l'on n'a pas envie de terminer.  Finalement, je prends congé et lui souhaite une excellente saison, une bonne santé et l'espérance de se revoir dans un avenir plus ou moins proche.

       

Après cela, en route pour Kata Center où je dois acheter quelques bricoles pour ramener en souvenir et surtout un deuxième sac pour le voyage, les quelques objets que j'ai achetés sont un peu encombrants et ne tiendront pas dans ma valise.  Mes achats accomplis, je me décide enfin à manger un petit quelque chose, car si la soirée commence tôt, elle commence aussi par un punch à la Paul et avoir l'estomac vide n'est pas une bonne idée.

   

Sur le chemin du retour, j'entre dans le salon de massage et me fais faire un massage des pieds.  Celui-ci consiste en un nettoyage à l'eau, puis la masseuse vous passe un onguent sur le pied, la cheville et la jambe et l'emballe dans un linge.  Elle passe ensuite à l'autre pied.  Pendant ce temps, une autre jeune fille me propose une manucure que j'accepte volontiers, après tout, c'est jour de fête.  Ainsi chouchoutée par ces deux jeunes filles, je me relaxe complètement.

La (c'est le prénom de la jeune masseuse) attaque le premier pied.  Elle assouplit, masse, étire chaque partie du pied, de la cheville, puis attrape une sorte de stylet en bois.  Elle passe et appuie sur différents points de la plante du pied et entre les orteils; à certains endroits, c'est agréable, à d'autres, c'est limite douloureux.  Une dame assise à deux fauteuils de moi se met à tousser fortement à chaque fois que sa masseuse passe à un certain endroit avec son stylet.  Les différents organes ont des terminaisons nerveuses à des points précis de la plante du pied et je présume que sa masseuse est occupée avec la zone des poumons.  Personnellement, je n'ai pas de réaction particulière, c'est peut-être la preuve que je suis en bonne santé.

Les deux jambes massées, La change de position et pratique un massage des cuisses, puis vient se placer derrière moi et entame les bras, les épaules, le dos, la nuque, la tête, le visage.  Elle est très douce dans la plupart de ses gestes, mais certains se font plus appuyés; le tout provoque une sensation de bien-être total.

La manucure et le massage terminés, la patronne du salon m'offre une tasse de thé et un biscuit sec.  Elle allonge ensuite le dossier de mon fauteuil et me dit de me reposer quelques instants.  Pendant tout le temps qu'a duré le massage, elle était occupée à disposer des guirlandes et décorations de Noël sur la façade vitrée du salon.  De temps à autre, elle me regardait en souriant et m'interrogeait du regard pour voir si les décorations étaient bien placées.  Personnellement, je trouve un peu bizarre de voir ces guirlandes et boules de Noël aux étalages, Noël est une fête chrétienne et avec le soleil, la chaleur et la tradition bouddhiste, cela me fait un drôle d'effet.  Néanmoins, je la félicite pour son goût et lui dis que je trouve cela très beau. 
Cette femme est la plus belle que j'aie vue pendant mon séjour, je ne lui ai pas demandé si elle était thaie, du Sud, du Nord ou même originaire d'un pays voisin, mais sa beauté est remarquable et, ce qui ne gâche rien, elle est extrêmement féminine et distinguée, elle représente ce que j'appellerais "la perle de Thailande".

            

Une fois relaxée, je paie les prestations et me dirige vers chacune des jeunes filles pour leur laisser un "pourboire".  La me demande si je pourrai passer demain, car elle a un cadeau pour moi.  Ce à quoi je réponds que j'en ai acheté également un pour elle et lui offre un paréo.  Elle est tout émue.  En fait, c'est la seule personne à laquelle j'avais envie de faire un petit cadeau d'adieu, car nous avons eu plusieurs conversations amicales et intimes au cours desquelles elle m'a dit être très éloignée de sa famille qui lui manque beaucoup.  Comme avec Ooy, un sentiment un peu plus profond s'est installé entre nous.  Je me souviens également de ce mouvement impulsif la première fois qu'elle m'a massée et que je lui ai laissé un pourboire, j'ai eu l'impression que je lui offrais la lune et cela m'avait beaucoup touchée. 

       

Dix-neuf heures trente, j'arrive chez Paul.  Il y a beaucoup de monde et notamment des amis du quartier, des farangs avec leurs copines et bien entendu la plupart des clients.  Béa est occupée avec des amis, je décide donc de m'installer au bar près du couple de Suisses, ceux-ci ne restent pas, car ils sont invités à Chalong chez d'autres amis.  Nous prenons un apéritif ensemble et Paul me propose son "Rêve de Bouddha" (si je me souviens bien du nom), un cocktail que j'affectionne fait à base de rhum et de jus de mangue.  Je lui demande de le faire "à la Pat", c'est-à-dire moins alcoolisé que la normale. 

Un buffet mi-thai mi-européen est dressé sur la terrasse et nous savons que nous allons nous régaler.  Ae s'occupe à la fois de diriger le personnel à la cuisine, des clients fraîchement arrivés, des amis, bref elle bouge en tous sens comme une abeille butineuse.  Paul, comme à son habitude s'occupe du bar.  Lorsque Ae le prévient que tout est fin prêt, il ouvre le buffet.  Crevettes au barbecue, poulet, canard, légumes, préparations thaies, fruits, sauces, pommes de terre en chemise, une multitude de préparations plus appétissantes les unes que les autres s'offrent à nos yeux gourmands.  Le clou du buffet est le jambon à l'os cuit dans un pain énorme et qui a un goût et une tendresse extraordinaires.

Je me sers une première assiette et vais m'installer à la table de Béa.  Thom est là également et me montre fièrement la bague qu'elle a reçue de ses patrons; toutes les filles du ghest ont reçu ce présent pour Noël.  Elle est radieuse et secoue sa main devant ses yeux en quasi permanence.  Aux clients, Paul et Ae offrent un petit socle en porcelaine avec des bougies et des bâtons d'encens.  Au pied du sapin, Morgan ouvre ses cadeaux : une poupée, une peluche et d'autres jouets.  Thom et Fong me demandent si je compte danser ce soir avec elles, mais j'ai les yeux qui se ferment et vers 21.00 heures, je suis obligée de me rendre à l'évidence, mon réveillon sera fortement écourté.  En fait, j'apprendrai le lendemain que le massage des pieds fait toujours cet effet lorsqu'on n'y est pas habitué et j'ai beau faire de mon mieux, c'est le sommeil qui l'emporte.

       

Je salue donc tout le monde et retourne à l'Elephant blanc où je m'écroulerai sur mon lit pour une nuit paisible et réparatrice...


January 30

Phuket - Thailand - 21 - Retour à Kamala

Kamala, la blessée

Ce matin, je suis obligée de faire un choix... Soit je prends un bateau pour Krabi, soit je retourne à Kamala. J'aurais dû téléphoner pour prendre rendez-vous avec Marie-Jeanne, une belge qui vit là-bas depuis de nombreuses années, mais je n'ai pas réussi à mettre ma carte One Two Call en fonction et j'avoue n'avoir pas pris la peine d'insister. Qu'à cela ne tienne, je vais retourner à Kamala, si je rencontre Marie-Jeanne, tant mieux, sinon, ce sera pour une autre fois. De toute façon, j'ai tellement aimé cette ville que j'y retournerai avec plaisir.

Comme il est déjà tard, je passe d'abord prendre un café avec Béa. Celle-ci est tout heureuse de me voir et de me montrer un présent qu'elle a reçu d'une amie venue lui rendre visite. Renate, Simone et Walter, des Allemands dont j'ai fait la connaissance ici, sont sur le point de partir. Ils transitent par Bangkok, passent le réveillon là-bas, puis reprennent le chemin de l'Allemagne. Nous avons passé de très bonnes soirées ensemble et ils sont tristes de quitter le ghest. Renate a une mine épouvantable et je m'efforce de lui remonter un peu le moral. Je décide de rester jusqu'à l'arrivée de leur taxi, puis nous nous disons "au revoir". Si tout va bien, nous nous reverrons l'an prochain au mois de décembre.

       

Avant de partir pour Kamala, un repas s'impose. Je m'arrête donc dans un petit resto où j'ai déjà dîné et où la patrone et moi avons bavardé. Ce jour-là, j'avais un gros cafard et elle est venue me consoler. Nous avons ri et sympathisé. Je commande un riz avec omelette, un plat de poisson et mon sempiternel coca light. Lorsque le plat arrive, quel n'est pas mon étonnement de voir mon riz entièrement recouvert d'une omelette préparée avec au moins deux oeufs, peut-être trois. Lorsque j'ai lu "riz avec omelette", j'ai cru qu'il s'agissait d'une sorte de riz cantonais dans lequel on trouve quelques morceaux d'omelette... Je me demande comment je vais réussir à avaler tout cela !

- No good ? me demande le serveur en voyant ma mine défaite.
- Yes, yes, good, but many many, dis-je en souriant.
J'ai appris au cours de mon séjour qu'avec nombre de serveurs, masseuses et vendeurs, il vaut mieux parler un anglais sommaire; ils n'ont, pour la plupart, que des notions de base "pratiques" de l'anglais et les grandes phrases les obligent à faire un tri des mots qu'ils connaissent, cela réduit la conversation bien plus que de l'améliorer. Après tout, pourquoi se compliquer la vie, l'important étant de communiquer plutôt que de montrer son savoir. Un truc assez amusant aussi est que beaucoup d'entre eux répètent deux fois le mot le plus important, par exemple, ils ne diront pas : "it's the same", mais "same same", cette expression est utilisée à tout bout de champ, un peu comme nous dirions entre nous, "kif kif".

Une façon amusante et "courtoise" pour un touriste, notamment dans les magasins, de faire comprendre à un commerçant que l'on n'est pas dupe de ce qu'il nous baratine consiste d'ailleurs à répondre en souriant : "Yes, same same,... but different". En général, le commerçant vous répondra par un sourire entendu et recommencera les négociations sur un autre niveau, pas d'énervement, pas de mépris, il a compris que vous n'êtes pas prêt à payer le prix fort, mais que vous ne lui en voulez pas d'avoir essayé. L'humour, toujours l'humour, mais avec beaucoup de respect de part et d'autre. Le tout, et le plus important, étant de ne pas lui faire perdre la face.

       

La patronne du restaurant fait aussi taxi, je lui demande de me conduire à Kamala.  Chemin faisant, elle me parle de sa vie, de Kata, de sa famille.  En fait, elle est originaire de l'île et la plupart de ses frères et soeurs travaillent et vivent à Phuket Town; elle est la seule a être venue ici et à s'y être installée.  Nous abordons bien sûr le tsunami et les conséquences de celui-ci.  Elle a perdu des amis et, si je me souviens bien, un membre de sa famille.  En discutant avec elle, j'entends un tout autre point de vue sur le tourisme, les bars et la prostitution.  Selon elle, les gens de l'île considèrent les prostituées comme un fléau car elles amènent leur lot de problèmes et ont une vie "particulière".  Je peux comprendre son point de vue, après tout, d'après ce qu'elle me raconte, elle n'a jamais connu ni la misère, ni la faim; on ne peut pas la cataloguer de "nantie", mais on peut dire qu'elle se débrouille pas mal.  Indépendante, célibataire, patronne de restaurant, à 47 ans, elle a bien mené sa barque.

Lorsque nous arrivons à Kamala, elle me montre une grande trace très large dans la colline en face de nous et m'explique qu'il y a eu un glissement de terrain important.  Elle me dit également que depuis le tsunami, elle a peur chaque fois qu'elle vient à Kamala; le souvenir est encore trop douloureux et elle se contente de déposer les clients puis de repartir.  Avant, elle venait régulièrement au marché et appréciait beaucoup l'endroit, mais elle ne sait pas quand elle pourra revenir, c'est vraiment trop dur pour elle.  J'avais pensé lui offrir un rafraîchissement avant qu'elle prenne le chemin du retour, mais après ce qu'elle vient de me confier, je préfère ne rien dire et simplement la saluer. 

       

Je décide de faire un saut chez Fred, au Baan Maaï, un restaurant avec piscine, jacuzzi et un décor particulièrement joli.  J'étais passée la dernière fois et c'est lui qui m'avait proposé de me faire rencontrer Marie-Jeanne.  Lorsque j'arrive, il y a beaucoup de monde aux tables et à la piscine.  Son chien, un gros nounours plein de poils, est étendu de tout son long près d'un ventilateur, avec sa fourrure, cela ne doit pas être évident de supporter la chaleur.  Je commande un Coca-Light et, comme il est très occupé, Fred me propose deux journaux, un en français et l'autre en anglais, publiés sur l'île et parlant specifiquement de Phuket.  Dans un article, je reconnais Chouchou, le voisin liégeois chez qui j'ai passé ma première soirée.  Un article lui est consacré car c'est un excellent cuisinier et nombre de personnes vont dans son petit bistrot pour se restaurer et passer une soirée plus que festive.

Je prends congé de Fred et de son épouse, puis je retourne vers la plage.  Comme il est plus tôt que la dernière fois, il y a plus de monde et je décide d'aller voir l'intérieur de la ville.  Beaucoup de rues ont été reconstruites, de nouvelles maisons poussent comme des champignons.  Bien que beaucoup sont construites sur un même plan, chacune a sa couleur et son style.  Je demande à un homme qui se repose sur le devant de l'une d'elles si je peux prendre des photos des maisons, il acquiesse avec un grand sourire amusé.  Il doit se demander ce qu'une farang peut trouver de spécial à son quartier, mais j'aime beaucoup l'endroit et j'avais promis de montrer la reconstruction à certains collègues qui s'y intéressaient.  En outre, on trouve des tas de photos des plages sur le net, mais très peu montrent les choses de la vie de tous les jours et c'est ce qui m'intéresse particulièrement.

       

Un peu plus loin, je me trouve dans un tout autre décor, baraquements en planches et tôle ondulée, terre battue, meubles grossiers dehors et blocs de béton.  Je ne sais pas si c'est un endroit plus pauvre ou pas encore reconstruit et je préfère ne pas interpeller les personnes qui sont assises là, comme je ne connais pas suffisamment kamala et ses habitants, j'ai peur de commettre un impair et de les gêner; je demanderai à l'occasion à quelqu'un qui connait l'endroit.  En tout cas, cet endroit ne laisse pas indifférent, il est abrité par des palissades qui le cachent aux passants et il est difficile de se faire une idée du pourquoi et du comment une telle misère côtoie les hôtels chics pour touristes nantis.  De toutes les stations que j'ai visitées, Kamala est la moins reconstruite et semble la plus pauvre.  Est-ce dû au fait qu'elle est habitée par une majorité de musulmans ?  Je n'aurai pas de réponse cette année, mais je compte bien ne pas rester sur ces interrogations.

Arrivée à la grand'route, j'entre dans un bar où se rassemblent des motards, des bécanes sont alignées le long du trottoir.  Je m'assieds au bar et commande un rafraîchissement.  Une fois de plus, je suis interpellée par les différents statuts sociaux qui règnent ici.  La misère côtoie la richesse et mis à part les palissades en tissu, rien ne fait barrière entre les deux.  Il suffit de regarder le long de la grand'route pour voir toute la panoplie des styles et des niveaux de vie.

Après avoir payé ma consommation, 20 baths, le moins cher que j'aie payé jusqu'à présent, je traverse la route et me rends sur le marché.  Ici, comme à Phuket, les cyclistes, cyclomotoristes et piétons se côtoient sans problème.  Les étals regorgent de marchandises de toutes sortes : fruits, poissons, légumes, souvenirs, disques compacts, faces de gsm, babioles, vêtements, nécessaire à couture et à maquillage... on trouve vraiment de tout.  Derrière le marché, des pick-ups sont alignés dans un champ, j'en déduis qu'il s'agit de ceux des marchands.  Je m'achète un carton de mangues et un d'ananas, ils sont déjà coupés en dés et il est facile de les manger en déambulant.  En Thailande, on mange tout le temps et on trouve de la nourriture partout : fruits, fruits secs, brochettes, crêpes, poissons et autres snacks sont vendus par des marchands ambulants et il suffit de leur faire signe pour se sustenter à un prix dérisoire.

       

Mes yeux ont une fois de plus été plus grands que mon ventre et mon ananas terminé, je n'ai plus de place pour les mangues.  J'avise un pick-up où de jeunes ouvriers, hommes et femmes, se reposent et leur propose mon paquet qui n'a pas encore été ouvert.  Comme ils me regardent tout étonnés, je leur explique par gestes que je n'ai plus faim et que je leur offre pour agrémenter leur pose.  Ils acceptent de bon coeur et je continue mon chemin.  Bien plus tard, je croiserai leur camionnette sur le chemin du retour et tous me feront de grands signes de la main.  Je présume que l'incident a dû les beaucoup les amuser.

Le soleil se couche lentement, je retourne vers la plage pour l'admirer et tirer quelques clichés.  Une colline pointue est tout illuminée de rouge, le spectacle est magnifique.  Les oiseaux viennent se poser à proximité, espérant que j'ai quelques restes à leur donner, mais pas de chance cette fois, j'ai les mains vides.  Deux petites filles sont fort occupées à creuser un grand trou dans le sable.  Remarquant que je les observe, le père - du moins je suppose -, assis un peu plus loin, me dit bonjour et, par gestes, nous nous amusons de les voir si sérieusement occupées à leur tâche.  Ce sont tous ces petits moments de tendresse qui me font tant apprécier ce pays : sourires, échanges, amusement partagé entre des êtres qui ne se connaissent pas, mais partagent un même sentiment de bonheur.

Il se fait tard et je quitte la plage à regrets pour quêter un taxi qui me ramènera à Kata.  C'est ma dernière visite et le blues me tombe dessus soudainement. 
- Taxi, madaam' ?  m'interpelle un chauffeur.  Mon air triste a l'air de ne pas lui avoir échappé et il me regarde en faisant une espèce de grimace pour me faire sourire, ce qui ne rate pas.  Il m'annonce 600 baths pour le retour jusqu'à Kamala et j'essaie de marchander à 350.  Le petit jeu dure jusqu'à ce que nous arrivions à 500 baths, somme que j'ai payée pour venir et que j'accepte.  Certains me diront qu'il est possible de descendre le prix en faisant mine d'en trouver un autre, mais je n'aime pas trop ce marchandage et je n'en vois pas vraiment l'intérêt.  Chemin faisant, nous discutons de Kamala, des touristes, de mon projet et des siens.  Il est très jeune, 23 ans me dit-il, et a envie de monter une affaire plutôt que de conduire un taxi toute sa vie.  Je l'encourage à aller de l'avant et nous arrivons à Kata sans même avoir pris conscience du chemin.

       

Arrivée au ghest, je n'ai plus beaucoup envie de bouger ni de parler, j'ai le cafard et je me contenterai de regarder la télévision dans ma chambre.  Ce n'est pas évident de se dire que dans deux jours, la Belgique, l'hiver, le froid... non, franchement, je n'ai pas envie d'y penser...